Le contrôle technique est entré dans les mœurs, et si le sourire n’est pas encore de rigueur au moment où le véhicule subit de véritables tests de laboratoire, il n’en demeure pas moins que les usagers sont plutôt satisfaits, et que le contrôle technique est un passage obligé certes, mais qu’il s’avère aussi utile qu’un bilan de santé que l’on peut s’imposer à soi-même. Cette nouvelle donne se révèle d’ailleurs très positive que ce soit sur le plan de l’intérêt particulier ou sur celui de l’intérêt général. Il s’agissait avant tout de faire œuvre sécuritaire, en contrôlant les véhicules afin d’éliminer " les poubelles " et de renvoyer chez le garagiste ceux qui présentaient de graves défauts. Il faut cependant être objectif en reconnaissant que si les organes défectueux qui compromettent la sécurité font l’objet systématiquement de réparations obligatoires, le contrôleur n’a cependant pas le pouvoir de police pour interdire à la circulation un véhicule dont l’état aurait été jugé potentiellement dangereux. Il y a quelques années encore, certains éléments du châssis des véhicules se trouvaient fragilisés par de la corrosion perforante donc dangereux pour les passagers du fait d’une résistance insuffisante en cas de choc ; ces différentes constatations ne permettaient pas pour autant l’immobilisation du véhicule. Seule la prise de conscience de l’automobiliste lui permettait d’éviter le pire. Aujourd’hui, les choses ont évolué, et on ne rencontre plus ce type de situation. Tout d’abord, en matière de construction d’énormes progrès ont été accomplis. Il n’y a pratiquement plus de risques de corrosion. D’autre part, le contrôle a lieu dès les 4 ans du véhicule, et on peut donc dire qu’il y a un premier " bilan de santé avant vieillissement ". Le deuxième a lieu au plus tard 2 ans après, ce qui instaure le principe du suivi et élimine plus fortement encore, le risque d’anomalies ou de dysfonctionnements. Chaque année, c’est presque 14 000 000 de véhicules qui sont soumis à cette vérification. Il n’y a donc pas de famille dont un membre au moins n’ait été concerné par cette réglementation. On en est au principe du réflexe, on oserait même dire au principe de précaution, puisque la plupart des automobilistes préparent leurs véhicules par un entretien préventif avant de les soumettre à l’examen. Il en résulte un assainissement du parc. Rares sont les véhicules en très mauvais état. Il en est pour preuve le taux de rejet qui n’a cessé de diminuer depuis 1992. A cette date, il était pratiquement de 26 % et aujourd’hui il est descendu aux environs de 20 %. Ce bilan confère à l’optimisme et démontre s’il en était besoin l’évolution du rapport entre l’usager et sa voiture qui porte dorénavant un regard plus attentif sur l’état de cette dernière. On peut en conclure également qu’un véhicule " sécurisé " n’est plus un facteur aggravant dans la genèse d’un accident. Des freins défectueux, des pneus en mauvais état, une voiture incapable en cas de freinage de rester en ligne, ou des passagers mal protégés ont été souvent dénoncés comme étant des éléments concourrant à la réalisation d’un accident, voire à l’aggravation des dommages matériels ou corporels. Mais l’outil le plus performant qui soit n’aura d’effet bénéfique pour autant que celui qui s’en sert dispose de la bonne aptitude. Il en est de même pour la voiture où seul le comportement responsable du conducteur rendra la route plus sûre. |